Aujourd’hui s’ouvre à l’Assemblée l’examen du projet de loi sur la réforme de l’audiovisuel public. Lancée par le Président de la République, peu après que le patron de TF1 ait dit avoir besoin de meilleures finances, cette idée a germé dans les esprits de la majorité qui nous proposent leur vision du service public audiovisuel.
Le but avoué est de supprimer la publicité de l’antenne, dans un premier temps à partir de 20 heures et la volonté d’offrir une offre de l’audiovisuel public de qualité. Les moyens d’y arriver semble à nos yeux ne pas être judicieux :
- Pour financer la perte de financement par la publicité, le gouvernement propose l’instauration de deux taxes : l’une sur les recettes publicitaires des chaînes privées et la seconde sur les fournisseurs d’accès à Internet et les opérateurs mobiles. Au départ prévue à hauteur de 3% des recettes publicitaires, la loi indique aujourd’hui qu’elle ne pourra être inférieure à 1,5%... Autant dire que les promesses sans cesse répétées par le gouvernement d’un maintien des finances de France Télévisions sont dorénavant bien difficiles à croire. Comment ne pas douter du maintien à terme de ces règles alors que l’Etat se désengage déjà dans des secteurs bien plus importants tels que l’action sociale.
D’autre part, cet argent que l’on récupère aujourd’hui ne pourrait-il pas servir à des actions bien plus urgentes que la réforme de la télévision. Le RSA manque de financement, et cette source fiscale aurait été une bonne manière d’en combler les besoins.
- Le texte prévoit que le président de France Télévisions sera nommé par le Président de la République. Dans quelle autre démocratie au Monde peut-on voir cela ? Aucune. Le Président de la République sera donc le chef de l’audiovisuel public et nommera qui bon lui semble. Pourquoi ne déciderait-il pas non plus du choix des programmes ?
Alors que les entraves à la liberté de la presse se répètent depuis quelques années, cette pratique ramènerait à un temps révolu depuis la fin de l’ORTF.
Tous ces choix législatifs, les socialistes les condamnent car ils ne vont que dans un sens... Alors que ce sont tous les citoyens qui devraient ressortir gagnants d’une telle réforme, cela ne profite qu’à l’un d’entre eux : le Président de la République.
C'est pour ces raisons que les socialistes n'acceptent pas cette réforme et défendent l'idée d'un service public audiovisuel libre et performant.
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